Extraits de la conférence donnée par Maximilien Decroux à l'Université Paris X en mars 1999

Je suis fier d'avoir participé surtout en tant qu'assistant à toutes les œuvres de mon père et plus particulièrement à trois d'entre elles:

J'ai été l'assistant de ces trois numéros et j'y ai eu une part importante , car l'assistant était celui qui relevait les points faibles, qui trouvait les liens , qui inventait les moments qui manquaient, les moments nécessaires pour donner l'élément drôle s'il s'agissait de comique, ou athlétique s il s'agissait d'un mime beaucoup plus physique.

 

Le Combat antique

Photo

Etienne et Maximilien Decroux

photo : Etienne Bertrand Weill

Ce numéro avait été fait longtemps avant que je n'y participe par Jean-Louis Barrault et Etienne Decroux. Jean-Louis Barrault avait fait la moitié de cette œuvre. Donc lorsque mon père s'est retrouvé seul, Barrault s'étant consacré uniquement au théâtre, il ne savait pas comment régler l'autre partenaire qui avait fait l'autre moitié. C'est donc à moi qu'il a fait appel et j'ai ajouté par mes improvisations plus athlétiques, plus physiques. Je réussissais à improviser des réponses gestuelles aux questions gestuelles qu'il me posait et cela est devenu une deuxième version du "combat antique"

 

L'Esprit malin

Photo

Eliane Guyon et Maximilien Decroux

photo : Etienne Bertrand Weill

L'Esprit malin s'est fait en grande partie, par mon père bien sûr qui a trouvé l'idée de départ, qui a affiné les gestes à la fin, mais tout le corps de l'ouvrage a été fait par ma partenaire Eliane Guyon, qui est photographiée dans son livre, et par moi-même. Nous avons tout fait devant un grand miroir et nous cherchions... puisque c'est un numéro qui représente un homme qui se croit seul, alors qu'en fait il y a deux hommes, deux personnes qui lui font croire que c'est lui qui veut quelque chose et c'est l'autre qui veut quelque chose et il est emporté comme cela dans sa mollesse, son idiotie, à faire des tas de choses amusantes ou raffinées et nous avons tout fait comme cela devant un miroir, nous avons travaillé, travaillé... et à la fin mon père a donné disons le "coup de vernis" qui était absolument nécessaire.

 

Pour l'élaboration des « Petits Soldats » Maximilien Decroux est assistant et interprète de son père.

Photo

De gauche à droite: Roger Marino, Maximilien Decroux, Pierre Verry, Alvin Epstein

photo : Etienne Bertrand Weill 1950

Enfin le troisième volet de ce que j'ai fait et j'en suis très content est "Les petits soldats"

"Les petits soldats" c'était toute une pièce qui durait toute une soirée, en un seul morceau. Ce n'était pas des numéros et là j'ai participé en tant qu'assistant. Il y avait beaucoup de scènes de groupe et je réglais les scènes de groupe, dirigeais les évolutions, dans les improvisations je créais les moments où le "mime de rêve" a commencé à apparaître. Les soldats rêvaient dans des moments de tranquillité, trop rares évidemment pour des soldats, ce qu'ils aimeraient vivre s'ils n'étaient pas obligés de se préparer pour une nouvelle guerre.

Là donc j'ai eu une grande part, et ce morceau, cette pièce de mime, la seule que mon père ait faite où il y avait autant de paroles, autant de chansons, autant de danse que le mime, mais sans acrobatie. Je fais remarquer en passant que je suis très faible en acrobatie, presque inexistant et que l'acrobatie est inexistante dans "Les petits soldats", ce qui est une coïncidence peut-être...

En tout cas ce morceau était remarquable parce que beaucoup de gens se sont convertis au mime en voyant cette pièce qui était vraiment charmante par ses variations de style, ses variations d'emploi des arts de la scène.

Revenir en haut de la page

Site Internet d'E.B. Weill: ebweill.com